Boire son urine, ou urinothérapie (littéralement « thérapie par l’urine ») : une pratique qui serait employée par des millions d’adeptes dans le monde.
Mais que sait-on au juste de cette alternative ? Un point s’impose sur les vertus et les limites de cette pratique. Pour certains, ce choix est discutable. Mieux vaut donc se renseigner avant d’envisager la consommation d’urine pour tenter de guérir certains troubles.
Une pratique remontant à l’Antiquité
L’urine vient du latin urina, apparenté au grec ancien oûron. Depuis des siècles, elle est utilisée comme engrais, agent lavant du linge, produit de tannage, teinture ou encore parfumerie. Certains lui attribuent aussi des vertus thérapeutiques.
L’urinothérapie est une médecine ancestrale, connue depuis des millénaires dans des pays comme la Chine, le Tibet ou l’Inde (d’où lui vient le nom d’amaroli, nectar de l’immortalité) :
- Le principe est d’utiliser l’urine sous diverses formes, à titre curatif et préventif, voire cosmétique.
- En Europe, elle est mentionnée dès l’Antiquité. À travers les siècles, elle s’emploie pour traiter diverses affections de la peau, les rhumatismes, la goutte et certaines fièvres.
- Elle est considérée comme un fortifiant du système immunitaire et constitue un soin bucco-dentaire pour ses propriétés blanchissantes et assainissantes.
Elle se classe aujourd’hui dans la catégorie des médecines douces.
Composition de l’urine
L’urine est sécrétée par les reins par filtration du sang. Elle contient plus de 3 000 composés chimiques :
- principalement de l’eau (95 %), de l’urée (2 %) issue de la dégradation des protéines de l’organisme et de la créatinine (0,1 %, produit de la dégradation de la créatine musculaire) ;
- des sels minéraux : magnésium, calcium, potassium (0,6 %), sodium (0,1 %), chlore (0,6 %), sulfates, phosphates et carbonates ;
- des acides aminés, des enzymes, certaines vitamines, de l’acide urique (issu de la dégradation de l’ADN entre autres), de l’allantoïne, de la DHEA (hormone produite par les glandes surrénaliennes, réputée pour ses effets anti-vieillissement), de l’urobiline (pigment jaune donnant sa couleur à cette substance) ou encore des protéines de petite taille ;
- les résultats de dégradation des traitements médicamenteux assimilés.
La composition est relativement stable d’un jour à l’autre. Elle permet l’élimination des impuretés du métabolisme cellulaire et le maintien des constantes de l’organisme par la régulation de la quantité d’eau et de sels minéraux éliminés.
L’urine normale ne contient ni bactéries, ni glucose, ni protéines de grande taille. Elle peut contenir quelques globules blancs et globules rouges.
Boire son urine : vertus thérapeutiques
Vous avez vu passer dans votre fil d’actu un post ou un article sur les vertus de l’urine ? Vous avez découvert l’urinothérapie en cliquant sur une publicité sur Internet ? Vous avez regardé des vidéos sur YouTube ou Dailymotion ? Alors vous avez probablement entendu parler des bienfaits prétendus de la consommation d’urine qui aurait différentes vertus.
Applications externes de l’urine
Appliquée en externe, elle accélérerait la guérison des plaies, coupures et boutons :
- elle soulagerait les piqûres d’insectes ;
- elle serait efficace pour traiter des affections dermatologiques comme l’eczéma, la dermatite atopique, les mycoses, le psoriasis ;
Urine : bienfaits en application interne
Une fois bue, l’urine présenterait un bon nombre de qualités :
- elle agirait de manière préventive, favorisant les processus d’élimination et entretenant la santé ;
- elle agirait de manière curative sur un certain nombre de maladies, comme l’asthme et les allergies respiratoires, la baisse de la température corporelle, la favorisation de la circulation sanguine ;
- elle stimulerait les défenses immunitaires, régulariserait le transit intestinal, diminuerait le stress, agirait sur les troubles du cycle menstruel, le diabète, le paludisme, la grippe, la fatigue ;
- elle contiendrait même des substances actives contre le cancer et les hépatites.
Recommandations liées à l’urinothérapie
La pratique actuelle de cette médecine douce consiste à ingérer chaque jour un verre de son urine du matin pour entretenir sa santé.
Mais la prise peut se faire à une autre fréquence ou en absorbant quelques gouttes en sublingual. L’alimentation doit être saine, et il est conseillé de consommer de l’eau claire après l’ingestion :
- afin de limiter le risque de contamination par d’éventuelles bactéries, il est préférable d’éliminer les premières gouttes d’urine avant de remplir un contenant, car celles-ci contiennent des micro-organismes commensaux, naturellement présents sur le pourtour du méat urinaire ;
- il ne faut ni boire son urine lors d’une infection, ni la conserver. Si vous avez une maladie rénale, ne buvez pas votre urine ;
- l’urine contient beaucoup de minéraux et de produits potentiellement toxiques : l’ingestion ne doit se faire qu’en petite quantité ;
- en situation de survie, il n’est pas recommandé d’ingérer ses urines, ou alors à très courte échéance. Elles seront de plus en plus concentrées en déchets et sels minéraux, il existe donc un risque de déshydratation et d’intoxication. Ce n’est donc pas l’acte le plus judicieux pour votre survie ! ;
- si votre urine est rouge, elle contient vraisemblablement du sang. Consultez un professionnel de santé et ne consommez pas votre urine.
Par ailleurs, une parfaite hygiène de vie est recommandée si vous faites le choix de boire votre urine :
- buvez au moins 2 litres d’eau par jour ;
- ne mangez pas trop de protéines ;
- faites du sport régulièrement ;
- ne buvez pas d’alcool ou éliminez-le avant de consommer votre urine.
Urinothérapie : absence de preuves scientifiques
Consommer ses urines est un choix dont l’efficacité n’a pas encore été démontrée par la science :
- même si l’urine contient des produits bénéfiques pour la santé, ils sont présents en infime concentration ;
- de plus, ses détracteurs pensent qu’il n’est pas logique de s’administrer une substance que le corps a justement éliminée par épuration. L’accumulation d’éléments dangereux contenus dans ce liquide pourrait entraîner un risque d’intoxication ;
- toutefois, si certains estiment que boire son urine peut être toxique, sa dangerosité n’a pas non plus été prouvée.
Seule vertu thérapeutique démontrée de l’urine : l’amélioration de l’hygiène bucco-dentaire en application externe. L’urée et le peroxyde de carbamide présentent des propriétés blanchissantes et un pouvoir acidifiant protecteur contre les caries.
Risques et dangers potentiels de l’amaroli
Bien que l’urinothérapie soit utilisée dans diverses cultures à travers le monde, il est important de prendre en compte ses dangers potentiels.
Tout d’abord, contrairement à une croyance populaire, l’urine n’est pas stérile. Elle peut contenir des bactéries et d’autres micro-organismes qui peuvent causer des problèmes de santé s’ils sont ingérés. De plus, cette substance produite par nos reins contient des toxines que le corps a filtré et éliminé. En les buvant, ces éléments sont réintroduits dans le corps et peuvent causer des problèmes de santé.
Par ailleurs, l’urine contient beaucoup de sel. Boire son urine peut donc engendrer de l’hypertension artérielle. De plus, cela peut augmenter l’activité rénale.
Il est également important de noter que cette méthode n’est pas une solution miracle pour les problèmes de santé. S’il existe des anecdotes de personnes qui en ont bénéficié, il n’y a pas de preuves solides pour soutenir ces affirmations. Les études menées par la communauté scientifique restent encore limitées et les informations disponibles souvent contradictoires. Il est donc toujours recommandé de consulter un médecin ou un néphrologue avant d’essayer.
Dans les faits, bien que ce type de médecines douces puisse sembler intéressant voire potentiellement bénéfique, gardez en tête que ces affirmations ne reposent sur aucune preuve solide. Il est donc toujours préférable de suivre les conseils d’un professionnel de la santé lorsqu’il s’agit de votre bien-être. Sans oublier que chaque individu est unique : ce qui fonctionne pour une personne peut ne pas fonctionner pour une autre.
En conclusion, l’urinothérapie a été utilisée dans diverses cultures à travers l’histoire. Cette pratique est considérée par certains comme une forme de médecine douce. Liquide corporel contenant des toxines produites par les cellules et éliminées par le corps, n’oubliez pas qu’ingérer ces éléments les réintroduit dans le système ! Cela peut causer des problèmes de santé (surtout en cas de maladie ou d’infections). Par ailleurs, l’urine est riche en sel : l’ingérer en grande quantité peut entraîner une déshydratation. En l’absence de véritables preuves scientifiques sur les bienfaits supposés de cette pratique, agissez avec prudence et discernement. Il est toujours recommandé de consulter un médecin avant de tester des thérapies alternatives.